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Le
Traité sur l'Antarctique
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Le
Traité sur l'Antarctique 
Depuis sa découverte, le continent antarctique a toujours fait l'objet de
convoitises de la part des différents pays qui y ont posé le pied. Une
arrière-pensée économique a dès le départ guidé ces revendications (la
chasse des phoques et de baleines d'abord, puis la richesse piscicole des eaux
de l'océan Antarctique, et enfin les hypothétiques richesses minières, voire
touristiques). Les principaux protagonistes de cette lutte ont été les
Britanniques, les Chiliens, les Argentins, les Norvégiens, les néo-Zélandais,
les Australiens et les Français. Si on regarde une carte des secteurs
revendiqués par toutes les nations, ont comprend rapidement le problème : les
secteurs se chevauchent.
Si bien
que, sous l'impulsion des États-Unis, une conférence a eu lieu à Washington,
afin de figer les revendications territoriales, de faire du continent
Antarctique une terre ouverte à tous et dévolue à la recherche scientifique,
et d'y bannir tout stockage de produits radioactifs. Il faut dire que la
manière parfaite dont s'est passée l'Année Géophysique
Internationale de 1957/58, et la collaboration entre les nations
participantes a créé un climat favorable à ces bonnes résolutions, malgré
les tensions politiques existant par ailleurs. Le Traité, qui concerne
également les eaux environnantes de l'Antarctique (en fait, tout ce qui se
trouve au sud du 60e parallèle), a été conclu le 1er décembre 1959, et est
entré en vigueur le 23 juin 1961, après la ratification par les douze premiers
états signataires (Afrique du Sud, Argentine, Australie, Belgique, Chili, États-Unis,
France, Japon, Norvège, Nouvelle-Zélande, Grande-Bretagne et URSS), pour une
période de 30 ans. Ce traité est toujours appliqué aujourd'hui, malgré
toutes les tourmentes politiques que le monde a traversé depuis sa signature.
Ainsi, au plus fort de la guerre froide, les scientifiques américains et
soviétiques travaillaient de concert et parfois dans les mêmes bases, sans
aucun problème.
Le 4
octobre 1991, il a été reconduit pour une durée supplémentaire de 50 ans, et
complété par un protocole relatif à la protection de l'environnement, appelé
Protocole de Madrid. En effet, le risque majeur aujourd'hui vient de l'appétit
des grandes compagnies mondiales pour la richesse du sous-sol, qui renferme des
réserves colossal de charbon, pétrole, minerais de tous métaux, etc..., ainsi
que de l'essor exponentiel du tourisme. Après une grande et longue bataille
diplomatique, la raison l'a finalement emporté, et le continent blanc restera
inviolé encore plus de 40 ans, les seules activités autorisées étant la
recherche scientifique et une activité touristique réduite et surveillée de
près. L'antarctique a été ainsi solennellement déclaré Réserve
naturelle consacrée à la Paix et à la Science.
Les termes du traité prévoient le libre accès de toutes les bases et
installations se trouvant sur le continent à des missions d'inspection qui ont
lieu périodiquement. C'est ainsi que l'on voit passer de temps en temps des
bateaux d'inspection du traité à Dumont d'Urville.

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Deux plis du "Polar Star" assurant une mission de
surveillance du respect
du Traité de l'Antarctique
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Depuis la signature du traité par les 12 pays "consultatifs
originaux", en 1961, de très nombreux pays l'on également signé et se
sont déclarés participants à la protection de l'antarctique. A ce jour, ils
sont 44, dont 27 pays consultatifs, c'est à dire ayant des activités
scientifiques en Antarctique (les 12 fondateurs,
plus : Brésil, Bulgarie, Chine, Équateur, Finlande, Allemagne, Inde,
Italie, Pays-Bas, Pologne, Corée du sud, Pérou, Suède, Espagne et Uruguay).
Régulièrement, selon l'article 9 du Traité, des réunions consultatives
sont organisées dans un des pays membres, environ tout les deux ou trois ans.
C'est ainsi que la 15e réunion consultative a eu lieu à Paris, à la Maison de
la Chimie, du 9 au 19 octobre 1989.


Points principaux du Protocole de Madrid :
- déclare l'Antarctique comme réserve naturelle, dévolue à la Paix et à
la Sciences
- détermine des principes environnementaux à respecter pour toute activité
- interdit toute exploitation minière
- oblige à étudier l'aspect environnemental avant toute activité
- organise la mise en place d'un Comité pour la Protection de l'Environnement
Résumé des 14 articles du
Traité :
Art. 1 : Seules sont autorisées les activités strictement pacifiques.
Toutes activité de caractère militaire est interdite. Il est néanmoins
possible d'employer du personnel ou du matériel militaire à des fins
scientifiques ou pacifiques.
Art. 2 : Liberté et priorité de la recherche scientifique menée en
coopération comme pendant l'A.G.I.
Art. 3 : Incitation aux échanges d'informations scientifiques, de
personnel, d'observations et de résultat
Art. 4 : Neutralité absolue à l'égard des droits de souveraineté
territoriale : renonciation, abandon, reconnaissance ou négation.
Pendant la durée du traité, aucune activité ne pourra engendrer de
nouveaux droits.
Art. 5 : Interdiction de toute explosion nucléaire ainsi que du
dépôt de déchets radioactifs.
Art. 6 : La zone d'application du traité est celle située
en-dessous du 60e degré de latitude sud.
Art. 7 : Possibilité pour chaque pays participant de contrôler les
respect des clauses du Traité sous toutes les formes et par tous les
moyens.
Art. 8 : Le personnel chargé de telles inspections relève de la
juridiction de son propre pays.
Art. 9 : Institution des réunions consultatives périodiques et
fixation de leurs compétences, véritable organe législatif du
Traité.
Art. 10 : Devoir d'empêcher par les mesures appropriées la
violation des clauses du Traité par des tiers non membres.
Art. 11 : Règlement des litiges sur l'interprétation ou
l'application du Traité.
Art. 12 : Durée du Traité. Conditions de modifications, amendement,
révision éventuelle.
Art. 13 : Ratification du Traité. Entrée en vigueur. Adhésion de
nouveaux membres.
Art. 14 : Rédaction du texte, langues de référence, dépôt et
signatures. |
Bibliographie :
Terres Polaires (bulletin de liaison de l'U.F.P.P.
- S.A.T.A.)
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